Voici une page donne quelques nouvelles de l’expérimentation PEExp présentée dans le poster https://github.com/RenaudJau/PEExp/blob/main/Poster_ECOVEG_PEExp.pdf
La contingence historique peut modifier la structure d’une communauté par effet de priorité. Il s’agit du fait qu’une espèce exerce un effet compétitif/facilitant causé par son arrivée précoce dans la communauté. Cet effet pourrait être utilisé en restauration : par exemple semer deux espèces dans un ordre déterminé pour en favoriser une. Mais dans quelles conditions ces effets de priorité s’exercent-t-ils ?
Dans le cadre d’un projet de restauration écologique de pelouses sèches en Haute-Durance (cf thèse d’Aure Durbecq : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-03638021), nous avions déjà mis en place une expérimentation in situ en testant l’ordre d’arrivée de deux groupes d’espèces : un groupe d’espèces subordonnées, un groupe d’espèces dominante.
Les espèces du groupe des subordonnées :
Les espèces du groupe des dominantes :
Nous avions 4 modalités :
toutes les espèces en même temps la première année
aucune espèce
les dominantes l’année 1 et les subordonnées l’année 2
les subordonnées l’année 1 et les dominantes l’année 2
Avec comme hypothèse générale que le fait de semer les subordonnées en premier permettrait de faire coexister l’ensemble des espèces. Derrière cette hypothèse générale, nous souhaitions comprendre plus en détails les éléments qui déterminaient l’occurence ou non des effets de priorité. Pour cela il fallait multiplier les modalités de semis : espèces seules ou en interaction, semis simultané ou en décalé, conditions écologiques… Même en réduisant les répétitions, faire cette expérimentation in situ aurait néccessité une surface (et des temps de maintien de l’expérimentation) beaucoup trop grands ! D’où l’idée de passer à une expérimentation en mésocosme.
Nous émettons l’hypothèse que l’occurrence des effets de priorité entre deux espèces A et B et leurs directions dépendent :
Avec une occurence des effets de priorité lorsque l’asymétrie et l’équidistance aux optima écologiques sont relativement modérés mais non nuls :
Pour tester ce cadre d’hypothèses, nous aurons besoin de connaître pour 2 (groupes d’)espèces A et B :
Nous avons souhaité chaque espèce individuellement, mise en relation avec le groupe d’espèce dont elle ne fait pas partie. Par exemple : Plantago lanceolata est une subordonnées, elle sera donc mis en interaction avec les dominantes.
Si on fait quelques répétitions, on arrive vite à un grand nombre de pots : 736 pour être exact !
La quantité de graine a été pesée pour chaque pot, et disposée dans des enveloppes prêtes à être semées le jour J :
Le mélange des substrats a été réalisé à l’aide d’une bétonnière et d’un peu d’huile de coude. Initialement prévue sur des tables, nous nous sommes vite rendu compte que le poids total serait un problème pour l’équilibre de ces tables.. Afin d’éviter toute catastrophe, les pots onté été redescendus avant le semis.
Immédiatement après le premier semis, arrosage et protection contre les oiseaux ont été mis en places :
En essayant de ne pas piéger les voisins dans les filets..
Et en testant des mesures du recouvrement de végétation :
Suite au prochain épisode